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La bergamote, un parfum devenu symbole lorrain

Seul bonbon français à bénéficier d’une Indication géographique protégée depuis 1996, la bergamote de Nancy cristallise cinq siècles d’histoire sucrière et lorraine. Née en Calabre, consacrée à la cour de Stanislas, codifiée au XIXe siècle par un confiseur venu du Wurtemberg, elle incarne un savoir-faire vivant autant qu’une mémoire collective.

L’histoire de la bergamote de Nancy commence loin de la Lorraine, sur les côtes italiennes du détroit de Messine. C’est en Calabre, entre les XIVe et XVIe siècles, qu’apparaît le bergamotier (Citrus bergamia), hybride né d’un croisement fortuit entre le fruit du bigaradier (l’orange amère) et celui d’un cédratier 1 (le cédrat, apparenté au citron). Le terme lui-même tirerait son origine du turc beg armudi (poire du seigneur) que l’italien aurait progressivement transformé en bergamotta.

Des collines de Calabre aux cours d’Europe

Dans le royaume de France, elle a mauvaise réputation… Le primat céréalier et la superstition expliquent les réticences du peuple, qui la perçoit comme le fruit du diable en raison de sa proximité botanique avec la Belladone ou la Mandragore. Elle reste principalement un aliment destiné au bétail et aux pauvres, suscitant aussi le dédain des savants et des institutions. Les pommes de terre sont également accusées de transmettre la lèpre, une fois cuites, en raison de la craquelure de leur peau qui ressemble à celle des lépreux 1… au point même d’être interdites de culture dans le nord du royaume par le Parlement de Paris en 1748.

Des préjugés sanitaires

Aux XVIIe et XVIIIe siècles en France, la pomme de terre fait encore l’objet de nombreuses critiques liées à des préjugés sanitaires, nutritionnels et sociaux, ….

Pendant ce temps, dans les Vosges, la culture de pommes de terre se développe suffisamment pour que, dès 1693, le curé de la Broque, Louis Piat, institue une dîme sur cette culture. Cette dîme suscite des contestations importantes qui provoquent, tout au long du XVIIIe siècle, le début de longues procédures juridiques entre les habitants du val de Saint-Dié, de la Celles et du val d’Orbey. La question est complexe : afin d’éviter les fraudes et de satisfaire les décimateurs*, il faut distinguer juridiquement le statut des cultures (terres arables, de culture ou de jachères) et les coutumes opérées entre dîmes, qu’elles soient insolites, ordinaires ou extraordinaires. Lors d’une audience du 28 juin 1715, l’avocat général Monsieur Bourcier de Monthureux ne montre pas beaucoup d’intérêt pour ce “fruit” qu’il qualifie de “vil et grossier”…

De Suisse, la plante se répand progressivement vers les régions françaises limitrophes, en Franche-Comté et en Bourgogne. Dans les Vosges, son introduction remonterait également à cette période. Nicolas-François Gravier en fait mention dans son ouvrage Histoire de Saint-Dié (1936) : « La pomme de terre fut introduite dans les Vosges par les vallées de Schirmeck et de Celles au XVIe siècle, en même temps que les idées de Calvin, qui y gagnèrent en popularité plus rapidement que la pomme de terre elle-même. Les Vosgiens attribuent l’introduction de cette plante aux Suédois, car sa culture ne se répandit dans la région qu’au milieu du XVIIe siècle, restant jusqu’alors confinée aux jardins et, au mieux, à quelques chenevières*. Quoi qu’il en soit, nous pouvons retracer sa progression dans le pays grâce aux sentences et arrêts qui ont marqué son parcours ».

Dans son article Histoire de l’introduction de la pomme de terre dans les Vosges publié dans les Annales de la Société d’émulation des Vosges en 1868, Charles publié dans les Annales de la Société d’émulation des Vosges en 1868, Charles Charton lie, quant à lui,…

Domestiquée il y a environ 8000 ans, sur les hauteurs de l’Altiplano andin, dans la région du lac Titicaca, la pomme de terre est découverte par les conquistadors espagnols au XVIème siècle. Deux grandes variétés vont alors de diffuser en Europe, par deux voies distinctes : en Angleterre d’abord, où l’amiral Walter-Raleig l’introduit dans la colonie de Virginie (il s’agit de la Solanum tuberosum, un tubercule jaunâtre et aux fleurs violacées) et puis en Espagne et dans le Dauphiné (pour la tubercule rougeâtre à fleurs violettes).

Gaspard Bauhin est le premier….

Symbole d’une gastronomie régionale généreuse et authentique, la pomme de terre est aujourd’hui un ingrédient incontournable de la cuisine lorraine, bien que ce légume ne soit connu en Europe, comme tout le monde le sait, que depuis la découverte du nouveau monde.

Pourtant, son arrivée et son adoption ne furent ni immédiates ni sans embûches. 

En Lorraine, bien avant que Antoine Parmentier ne promeuve la pomme de terre au XVIIIe siècle, on dit que ce tubercule, rapporté d’Angleterre à la cour de Lunéville dès 1718, suscite méfiance et controverses, tout en s’imposant peu à peu dans les champs vosgiens. Entre interdictions, luttes pour la dîme, inventions locales et essor industriel, cet aliment modeste a bercé une riche histoire économique et culturelle, jalonnée d’anecdotes et de témoignages d’époque, qui méritent notre attention.

Depuis 2004, plusieurs études réalisées par le Conservatoire et de nombreuses observations réalisées par des naturalistes amateurs ont permis de mieux connaître les espèces et les milieux présents au sein de cette vallée humide et encaissée.

Après l’arrêt de son activité en 1986, la brasserie de Sain-Nicolas-de-Port a commencé une nouvelle vie en tant que musée.